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Va-t-on sauver le monde avec du compost ?

La question peut faire peur. Ou sourire. Voire même en énerver plus d’un·e avec son titre racoleur aux allures de “pute-à-clic”. Horreur et magie d’internet, reflet de notre existence. La réponse à cette question mériterait pourtant dissertation entre écologie culturelle et déterminisme environnemental. Et une longue phase d’expérimentation par nos décideurs politiques pour analyser les résultats dans 5, 10 ou 20 ans. N'attendons pas. Compostons.

Je pose ces quelques lignes ici, avec l’idée que la technologie offerte par le réseau internet puisse faire sa part dans la transition écologique et spirituelle. Comme il opère ici et là, dans les groupes et communautés engagées, en invitant l’humain à arrêter de dominer la nature, pour humblement la contempler et la respecter. A commencer par la façon dont nous habitons, dont nous mangeons et dont nous jetons les choses sans nous préoccuper de leur devenir. Et qu’un simple geste peut révolutionner.

Il s’agit d’un geste quotidien très accessible. Pour un processus biologique vieux comme le monde et toujours aussi formidable. Une technique que certains pratiquent instinctivement dans leur jardin ou plus courageusement dans leur appartement, mais qui s’est perdue avec le développement du mode de vie citadin déconnecté de la nature. Avec l’accélération croissante des flux de toutes sortes et son lot d'aberrations écologiques. Au premier rang desquelles, la destruction pure et simple des écosystèmes pour alimenter cette folie des grandeurs.

“Les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent”, aurait dit Chateaubriand.

Destin tragique du genre humain que nous rappelle la crise écologique et politique actuelle.

Cette solution dont je souhaite vous parler ici, c’est le compostage des déchets organiques. Une solution pleine de sens face à certains maux dont souffre notre société : pollution, mécanisation, dégradation des sols et marchandisation de tous les flux. Non seulement le sauvetage des biodéchets de nos poubelles (et donc de l’incinérateur) est bénéfique pour notre empreinte carbone, mais le compostage est un processus naturel de dégradation de la matière qui comporte plusieurs externalités positives. Il fournit un engrais organique qui rend les sols plus fertiles et moins vulnérables face à la sécheresse, au gel et à l'érosion. Un fertilisant fabuleux. Un cercle vertueux. Une boucle riche de biodiversité et donc de vie dans nos terres, dans notre habitation et dans notre alimentation. Le compost, c’est tout simplement le retour des végétaux là d’où ils viennent. C’est l’entretien de notre principal outil de production : le sol. C’est le maintien des sols en bonne santé pour capturer le carbone et jouer un rôle majeur dans la lutte contre le changement climatique. Le compost agit comme l’humus. Il “constitue les quelques centimètres de terre fertile qui nous séparent de la désolation” pour reprendre la belle métaphore de Philippe Desbrosses dans son livre La terre malade des hommes. 

70kg de déchets organiques produits par personne en France, c’est une moyenne nationale. En compostant, on évite la consommation d’énergie et la pollution liée au transport de cette matière (par camion) et à son incinération. Et surtout on produit l’équivalent 18kg de compost avec autant de biodéchets. De quoi amender 3 m2 de potager avec un engrais naturel, selon la qualité du sol et la culture visée. Et faire pousser 30kg de carottes de bios. Certes ces chiffres mériteraient des aménagements selon le régime alimentaire et les habitudes de consommation de chacun, le type de biodéchets, la manière de composter et l’utilisation du compost. Mais ils sont parlants. Écoutons-les. Faisons-les résonner. Soyons dramatiques. Lyriques. Romantiques. Ou tout ça à la fois, comme Victor Hugo :

“C’est une triste chose de songer que la nature parle et que genre humain n’écoute pas”.

L’association Mon Petit Composteur fait campagne pour la promotion du compostage. Si vous n’avez pas la possibilité de composter chez vous, demandez à votre collectivité des solutions pour collecter vos biodéchets. Pas dans 4 ans. Ni dans 3. Maintenant. Compostons. Organisons-nous. Exigeons des solutions. Partageons les savoirs. Aidez-nous à faire écho. Et donc à être écouté.

Merci 🍎 🌍 ✊


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